Dans le paysage financier d’Afrique centrale, deux noms cristallisent aujourd’hui l’attention des experts, entrepreneurs et investisseurs : Afriland First Bank et BGFIBank . Deux groupes aux ADN différents, mais dont les ambitions convergent vers un même objectif : dominer l’écosystème bancaire d’Afrique centrale , une région stratégique, jeune, dynamique — mais encore insuffisamment bancarisée.
Alors que la régulation financière se renforce, que les États recherchent des partenaires solides et que les entreprises africaines exigent des services plus modernes, la rivalité entre ces deux géants prend une dimension nouvelle.
Pour Beezica , ce duel n’est pas seulement une compétition entre banques : c’est un baromètre de la transformation économique de l’Afrique centrale .
Deux géants, deux trajectoires, une même ambition régionale
Afriland : l’empreinte camerounaise devenue puissance régionale
Fondée à Yaoundé à la fin des années 80, Afriland est l’archétype de la banque africaine bâtie sur le terrain.
Son développement s’est fait à partir des réalités locales : financement des petites entreprises, soutien aux secteurs productifs, implantation dans les villes secondaires, et une approche de proximité encore rare dans la région.
Son point fort ?
Une connaissance fine des économies locales , notamment dans le commerce de détail, les PME et les particuliers.
BGFIBank : la force gabonaise tournée vers la structuration institutionnelle
Sa signature ?
Solidité institutionnelle, vision long terme et pénétration de segments à forte marge .
Pourquoi leur rivalité devient centrale pour la région
Pendant longtemps, chaque groupe dominait surtout son marché principal :
⦁ Afriland au Cameroun et dans quelques pays d’expansion,
⦁ BGFIBank au Gabon et dans les corridors étatiques/institutionnels.
Mais depuis cinq ans, une nouvelle dynamique s’installe : les deux veulent être leaders régionaux . Et pour la première fois, leurs stratégies s’entrechoquent sur les mêmes terrains.
Les conditions qui accélèrent la rivalité :
La régulation bancaire de la CEMAC s’est assainie
Les nouvelles exigences prudentielles ont favorisé les groupes les plus structurés.
Résultat : les banques capables de se conformer rapidement — Afriland et BGFI — prennent automatiquement de l’avance.
Les marchés deviennent plus compétitifs
Les économies d’Afrique centrale s’ouvrent davantage aux financements, au numérique bancaire, aux investissements étrangers.
Les États veulent des champions capables de porter des projets structurants (infrastructures, mines, énergie, digitalisation).
Le potentiel de bancarisation est énorme
Moins de 25 % de la population régionale est bancarisée.
Autrement dit : 75 % de marché encore à conquérir.
Une opportunité que ni Afriland ni BGFIBank ne peut laisser à l’autre.
Les zones où la bataille est la plus intense
Le Cameroun : le terrain
Le Cameroun est le cœur économique de la CEMAC.
Afriland y est solidement portée, souvent en tête sur le crédit et les dépôts.
Mais BGFIBank a décidé d’y mener une stratégie offensive :
⦁ développement des agences,
⦁ recrutement de cadres expérimentés,
⦁ de la relation clientèle,
⦁ ciblage de la classe moyenne émergente.
Le Cameroun est devenu la plaque tournante du duel.
Qui contrôle ce marché, contrôle une partie du destin bancaire sous-régional.
Les grandes entreprises et les projets stratégiques
Ici, l’avantage historique est du côté de BGFI .
Le groupe a une expertise plus poussée en :
⦁ financements structurés,
⦁ grands projets d’infrastructures,
⦁ partenariats publics-privés,
⦁ gestion d’actifs,
⦁ solutions pour multinationales.
Afriland rattrape progressivement son retard, mais dans ce segment, BGFI reste encore la référence régionale .
La banque de détail et les PME : le terrain d’Afriland
Sur le commerce de détail, les particuliers et les PME, Afriland bénéficie d’un capital de confiance profondément enraciné.
Sa proximité avec les réalités africaines — s’adressant aussi bien au commerçant de quartier qu’au jeune entrepreneur — fait sa force.
Si BGFIBank s’engage de plus en plus dans la banque de détail, elle n’a pas encore la profondeur relationnelle qu’Afriland a bâtie depuis plus de 30 ans.
La présence géographique
Les deux groupes sont désormais présents dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, mais leurs logiques d’expansion différentes :
| Afriland | BGFIBank |
|---|---|
| Approche progressiste, ancrée dans les économies locales | Expansion structurelle et institutionnelle |
| Cible les marchés où les PME ont besoin de financements | Priorise les marchés où la demande corporate est forte |
| Déborde souvent vers l’Afrique de l’Ouest | Oriente ses ambitions vers l’Afrique centrale et de l’Est |
Une rivalité… mais aussi une convergence stratégique
C’est un détail souvent oublié dans les analyses classiques :
Afriland et BGFIBank collaborent également .
Ils ont même signé un accord de coopération interbancaire ces dernières années.
Preuve qu’ils peuvent :
⦁ cofinancer des projets,
⦁ échanger des expertises,
⦁ sécuriser certaines opérations,
⦁ soutenir la stabilité du système bancaire.
Dans une région où les risques macroéconomiques sont réels, cette coopération partielle devient un avantage stratégique pour les deux.
Qui peut devenir le véritable leader dans les prochaines années ?
Scénario 1 : BGFIBank domine l’écosystème institutionnel
Si le groupe continue de capitaliser sur :
⦁ la gouvernance moderne,
⦁ les innovations numériques corporate,
⦁ les relations avec les États et multinationales,
⦁ sa réputation internationale,
alors BGFI pourrait devenir le leader incontesté du segment haut de gamme et institutionnel .
Scénario 2 : Afriland renforce son leadership sur le retail et les PME
S’il accepte :
⦁ l’ouverture de nouvelles agences,
⦁ les produits numériques grand public,
⦁ le financement des chaînes de valeur locales,
⦁ les services accessibles aux jeunes et aux indépendants,
Afriland pourrait rester la première banque « de terrain » de la région , avec une profondeur de clientèle difficile à concurrencer.
Scénario 3 : rivalité équilibrée — chacun son territoire stratégique
Dans ce cas, Afriland domine le retail, BGFI domine le corporate.
Les deux se développent, mais sans qu’un ne prenne une avance irrattrapable.
C’est aujourd’hui le scénario le plus réaliste.
Scénario 4 : une coopération renforcée qui redéfinit la région
Si les deux groupes trouvent dans la collaboration une opportunité — projets d’infrastructures, financements bilatéraux, digitalisation —
alors la CEMAC pourrait voir émerger un duopole solide, stabilisant tout le secteur.
Ce scénario serait le plus bénéfique pour l’économie régionale.
Conclusion : une rivalité qui pourrait accélérer la modernisation financière de la région
Au-delà des chiffres, des prix ou des parts de marché, la rivalité Afriland-BGFIBank apporte un effet positif majeur :
elle force la région à s’élever.
⦁ Plus de services.
⦁ Des innovations numériques.
⦁ Meilleure gouvernance.
⦁ Plus de financements pour les PME.
⦁ Compétition pour conquérir et fidéliser les clients.
⦁ Ambitions régionales assumées.
Dans une Afrique centrale encore en construction économique, la présence de deux groupes solides, ambitieux et capables de rivaliser avec les grandes banques internationales est une opportunité pour les entrepreneurs, les investisseurs et les citoyens.
Le véritable gagnant de cette rivalité n’est peut-être pas Afriland.
Ni BGFIBank.
Le gagnant, c’est l’Afrique centrale elle-même .
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Alors que la régulation financière se renforce, que les États recherchent des partenaires solides et que les entreprises africaines exigent des services plus modernes, la rivalité entre ces deux géants prend une dimension nouvelle.
Pour Beezica , ce duel n’est pas seulement une compétition entre banques : c’est un baromètre de la transformation économique de l’Afrique centrale .
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Fondée à Yaoundé à la fin des années 80, Afriland est l’archétype de la banque africaine bâtie sur le terrain.
Son développement s’est fait à partir des réalités locales : financement des petites entreprises, soutien aux secteurs productifs, implantation dans les villes secondaires, et une approche de proximité encore rare dans la région.
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Pendant longtemps, chaque groupe dominant surtout son marché principal :
⦁ Afriland au Cameroun et dans quelques pays d’expansion,
⦁ BGFIBank au Gabon et dans les corridors étatiques/institutionnels.
Mais depuis cinq ans, une nouvelle dynamique s’installe : les deux veulent être leaders régionaux . Et pour la première fois, leurs stratégies s’entrechoquent sur les mêmes terrains.
Les conditions qui accélèrent la rivalité :
La régulation bancaire de la CEMAC s’est assainie
Les nouvelles exigences prudentielles ont favorisé les groupes les plus structurés.
Résultat : les banques capables de se conformer rapidement — Afriland et BGFI — prennent automatiquement de l’avance.
Les marchés deviennent plus compétitifs
Les économies d’Afrique centrale s’ouvrent davantage aux financements, au numérique bancaire, aux investissements étrangers.
Les États veulent des champions capables de porter des projets structurants (infrastructures, mines, énergie, digitalisation).
Le potentiel de bancarisation est énorme
Moins de 25 % de la population régionale est bancarisée.
Autrement dit : 75 % de marché encore à conquérir.
Une opportunité que ni Afriland ni BGFIBank ne peut laisser à l’autre.
Les zones où la bataille est la plus intense
Le Cameroun : le terrain
Le Cameroun est le cœur économique de la CEMAC.
Afriland y est solidement portée, souvent en tête sur le crédit et les dépôts.
Mais BGFIBank a décidé d’y mener une stratégie offensive :
⦁ développement des agences,
⦁ recrutement de cadres expérimentés,
⦁ de la relation clientèle,
⦁ ciblage de la classe moyenne émergente.
Le Cameroun est devenu la plaque tournante du duel.
Qui contrôle ce marché, contrôle une partie du destin bancaire sous-régional.
Les grandes entreprises et les projets stratégiques
Ici, l’avantage historique est du côté de BGFI .
Le groupe a une expertise plus poussée en :
⦁ financements structurés,
⦁ grands projets d’infrastructures,
⦁ partenariats publics-privés,
⦁ gestion d’actifs,
⦁ solutions pour multinationales.
Afriland rattrape progressivement son retard, mais dans ce segment, BGFI reste encore la référence régionale .
La banque de détail et les PME : le terrain d’Afriland
Sur le commerce de détail, les particuliers et les PME, Afriland bénéficie d’un capital de confiance profondément enraciné.
Sa proximité avec les réalités africaines — s’adressant aussi bien au commerçant de quartier qu’au jeune entrepreneur — fait sa force.
Si BGFIBank s’engage de plus en plus dans la banque de détail, elle n’a pas encore la profondeur relationnelle qu’Afriland a bâtie depuis plus de 30 ans.
La présence géographique
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| Afriland | BGFIBank |
|---|---|
| Approche progressiste, ancrée dans les économies locales | Expansion structurelle et institutionnelle |
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⦁ le financement des chaînes de valeur locales,
⦁ les services accessibles aux jeunes et aux indépendants,
Afriland pourrait rester la première banque « de terrain » de la région , avec une profondeur de clientèle difficile à concurrencer.
Scénario 3 : rivalité équilibrée — chacun son territoire stratégique
Dans ce cas, Afriland domine le retail, BGFI domine le corporate.
Les deux se développent, mais sans qu’un ne prenne une avance irrattrapable.
C’est aujourd’hui le scénario le plus réaliste.
Scénario 4 : une coopération renforcée qui redéfinit la région
Si les deux groupes trouvent dans la collaboration une opportunité — projets d’infrastructures, financements bilatéraux, digitalisation —
alors la CEMAC pourrait voir émerger un duopole solide, stabilisant tout le secteur.
Ce scénario serait le plus bénéfique pour l’économie régionale.
Conclusion : une rivalité qui pourrait accélérer la modernisation financière de la région
Au-delà des chiffres, des prix ou des parts de marché, la rivalité Afriland-BGFIBank apporte un effet positif majeur :
elle force la région à s’élever.
⦁ Plus de services.
⦁ Des innovations numériques.
⦁ Meilleure gouvernance.
⦁ Plus de financements pour les PME.
⦁ Compétition pour conquérir et fidéliser les clients.
⦁ Ambitions régionales assumées.
Dans une Afrique centrale encore en construction économique, la présence de deux groupes solides, ambitieux et capables de rivaliser avec les grandes banques internationales est une opportunité pour les entrepreneurs, les investisseurs et les citoyens.
Le véritable gagnant de cette rivalité n’est peut-être pas Afriland.
Ni BGFIBank.
Le gagnant, c’est l’Afrique centrale elle-même .
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